Cinq ans après son ouverture, PariSanté Campus reste la vitrine de la santé numérique française. Mais que produit-il vraiment ? La question mérite d’être posée, car les montants engagés sont lourds. Au printemps 2026, en effet, deux États affichent la même ambition. Le Royaume-Uni investit 600 millions de livres dans un service national d’accès aux données de santé. Il vise aussi 150 jours pour lancer un essai clinique, et annonce en avril 2026 être déjà à 122 jours[1].
La France, de son côté, engage 432,8 millions d’euros pour réhabiliter le Val-de-Grâce, ancien hôpital militaire classé. Elle veut y réunir sa filière d’ici 2030[2]. D’un côté, donc, l’accès aux données et la vitesse. De l’autre, un investissement immobilier censé structurer un écosystème. Reste une question plus gênante : dans cette filière, qui rend des comptes ?
PariSanté Campus, une vitrine très visible
Il faut d’abord reconnaître une réussite à PariSanté Campus : il se montre. Depuis son ouverture fin 2021 dans le 15e arrondissement, il met en avant un chiffre avant tous les autres. Ce chiffre, c’est le nombre d’événements organisés : plus de sept cents.
Le vocabulaire suit la même pente. La presse institutionnelle parle d’un « fleuron mondial » de la santé numérique. L’inauguration a réuni un Premier ministre et quatre ministres, puis le président de la République est venu l’année suivante.
Rien de tout cela n’est illégitime. Une politique publique a besoin d’être visible pour exister. Cependant, une vitrine qui brille ne dit rien de ce qu’il y a derrière. C’est justement ce que nous allons examiner.
Un succès scientifique, un bilan industriel flou
Derrière la vitrine, on trouve d’abord une vraie réussite. Toutefois, ce n’est pas celle qu’on a financée. PariSanté Campus réunit six instituts de recherche et environ six cents chercheurs sur un même site. Parmi eux figurent PRAIRIE pour l’intelligence artificielle, Q-Bio pour la biologie quantitative et Physics for Medicine pour l’imagerie. Un quatrième travaille sur l’éthique et l’économie des données de santé.
La direction revendique environ mille publications scientifiques depuis la création du campus. En tant que cluster de recherche, le campus fonctionne donc. Or l’État ne l’a pas doté de centaines de millions d’euros pour produire des articles. Il l’a présenté comme un outil pour structurer une filière industrielle. Sur cette promesse, le bilan change de nature.
Des levées de fonds qui ne mesurent pas la réussite
Le campus documente lui-même la modestie de ses résultats industriels. Son bilan d’activité, présenté en novembre 2024 sur l’exercice 2023, met en avant un indicateur : les levées de fonds de ses entreprises hébergées. Elles atteignent 50,7 millions d’euros cumulés fin 2023[3].
Ce chiffre ressemble à un résultat. Pourtant, il n’en est pas un. Une levée de fonds mesure l’argent qui entre, pas la valeur qui sort. Elle ne dit rien, en outre, de ce que deviennent ensuite les entreprises passées par le campus.
Des premiers signaux d’essoufflement
En 2024, le solde des entrées et sorties d’entreprises passe pour la première fois dans le rouge. C’est un premier signe que l’effet d’aubaine de l’ouverture s’épuise. De plus, le site définitif du Val-de-Grâce, promis pour 2028, glisse à 2030. Cela fait deux ans de retard avant même la signature de la concession[4].
Les chiffres que PariSanté Campus ne publie pas
Surtout, il manque l’essentiel. Le bilan de 2024 souligne un faible taux de défaillance : sept liquidations sur cent trente entreprises passées par le campus. Depuis, PariSanté Campus en a accueilli plus de cent cinquante. Un peu plus de soixante y sont encore aujourd’hui.
Mais ne pas déposer le bilan ne veut pas dire réussir. Le campus enregistre une vingtaine de sorties chaque année. Or une jeune pousse qui ferme sans faire faillite n’apparaît nulle part.
Quatre indicateurs absents
Un taux de liquidation ne remplace pas les vrais indicateurs de résultat. Il en manque au moins quatre :
- le devenir des entreprises trois ans après leur sortie ;
- les emplois nets créés ;
- les brevets déposés en propre ;
- le coût annuel de fonctionnement.
Ces chiffres diraient si l’investissement produit autre chose que de l’occupation de bureaux. Pourtant, le campus ne les fournit pas. Un chantier de plus de 430 millions d’euros, plus 45 millions pour la seule préfiguration, justifierait des indicateurs précis. Ce ne sont pas des données fausses. Ce sont des données absentes, et cette absence est en soi une information.

Ce que le bilan de PariSanté Campus publie, et ce qu’il ne mesure pas. Infographie générée par l’IA Claude. Sources : bilan d’activité (nov. 2024), entretien du 26 août 2026.
Pourquoi personne n’est responsable des résultats
Pourquoi une filière si visible peine-t-elle à prouver ses résultats ? La réponse ne tient pas aux personnes. Elle tient à l’architecture.
Un groupement sans personnalité juridique
PariSanté Campus n’est pas une entité. C’est un groupement d’intérêt scientifique (GIS), sans personnalité juridique. Cinq fondateurs publics y installent leurs équipes : l’Inserm, l’Université PSL, l’Inria, la Plateforme des données de santé et l’Agence du numérique en santé. Chacun garde son autonomie, son budget et sa propriété intellectuelle.
L’Inserm assure la gestion administrative. En revanche, il n’a aucun mandat pour piloter la réussite industrielle des autres. Le directeur général, lui, anime, coordonne et représente, mais sans autorité contraignante. Au final, aucun acteur ne répond juridiquement des résultats de la filière.
Une évaluation demandée dès 2022, jamais mise en place
Personne n’a découvert ce problème après coup. En février 2022, la loi impose une contre-expertise indépendante au-delà de cent millions d’euros d’argent public. La contre-expertise du Secrétariat général pour l’investissement rend alors un avis favorable, assorti de dix-sept recommandations.
Ses auteurs pointent plusieurs fragilités. Ils citent des valorisations économiques peu solides et un risque d’inégalité entre acteurs du campus et acteurs extérieurs. Ils relèvent aussi un pilotage des données peu clair et l’absence de doctrine budgétaire. Surtout, ils recommandent un dispositif d’évaluation et de suivi. Quatre ans plus tard, ce dispositif n’existe toujours pas.
L’emploi, un argument jamais vérifié
Le dossier contient une autre trace. En 2023, lors de l’enquête publique sur le projet du Val-de-Grâce organisée par la préfecture d’Île-de-France, le maître d’ouvrage défend l’intérêt général du projet. Il rappelle que l’ancien hôpital employait 1 500 salariés, contre 3 000 attendus sur le futur campus. Il chiffre ainsi à 1 500 les emplois supplémentaires créés. L’emploi a donc servi d’argument pour obtenir l’intérêt général. Pourtant, personne ne le compte.
Val-de-Grâce : l’argent public engagé, pas la responsabilité
Le montage immobilier prolonge cette logique. Un concessionnaire privé exploitera le Val-de-Grâce pendant trente-cinq à quarante ans. Il assume le risque des travaux et des bureaux vides. En revanche, il ne porte aucun risque sur la réussite scientifique du campus.
Pourtant, l’évaluation socio-économique estime à plus de 300 millions d’euros la part portée par les finances publiques[5]. L’argent public est donc engagé, mais pas la responsabilité. Pire encore, le concessionnaire a intérêt à louer aux entreprises les plus solvables, comme les grands groupes et les éditeurs matures. Les jeunes pousses fragiles, que le lieu devait faire éclore, passent alors au second plan. Le risque transféré porte sur les murs, jamais sur la mission.
Un circuit qui s’évalue lui-même
Rien de tout cela n’est irrégulier, et ce campus n’est pas une exception. Les ministères qui ont lancé le projet nomment aussi sa direction générale[6]. Or aucun mécanisme n’oblige cette direction à leur rendre compte des résultats.
Ce n’est pas une anomalie. C’est le fonctionnement ordinaire d’un circuit qui conçoit une politique publique, la met en œuvre, puis supervise ses propres bilans. Ce schéma est plus banal qu’un conflit d’intérêts, mais aussi plus grave. Il aboutit à un système où personne, à la fin, n’a de comptes à rendre. Nous avons déjà décrit ce mécanisme dans [À COMPLÉTER : lien interne vers un numéro précédent de L’Éclaireur e-Santé sur l’irresponsabilité par conception].
Ce que répond la direction de PariSanté Campus
Nous avons posé directement ces quatre questions. Le 26 août 2026, la direction générale du campus a accepté un entretien et y a répondu sans esquive[7]. Les réponses ci-dessous viennent de cet échange. Les trois citations littérales nous ont été transmises par écrit le 2 septembre 2026, et nous les reproduisons telles quelles.
Le devenir des start-up : une durée de séjour, pas une trajectoire
Sur le devenir à trois ans, la direction déplace l’indicateur. Selon elle, la majorité des entreprises restent trois ans ou plus sur le campus. Cependant, c’est une durée de séjour, pas une trajectoire. La direction cite des réussites, comme Sonomind, issue d’un laboratoire du site, ou Avatar et ses modèles de reconstruction chirurgicale. Elle cite aussi des liquidations, dont H4D. En revanche, elle n’a pas communiqué de chiffres consolidés.
« La majorité des start-up qui entrent à PariSanté Campus restent trois ans et plus dans notre écosystème. Celles qui souhaitent évoluer rentrent dans notre programme Alumni, ce qui nous permet de continuer à interagir avec elles et de les suivre. »
Ce programme entretient un lien. Toutefois, il ne produit aucun chiffre public sur ce que deviennent ces entreprises.
Les emplois : des postes de travail, pas des emplois nets
Sur l’emploi, la réponse est claire et répétée : le nombre d’emplois directement créés reste difficile à mesurer. À la place, la direction cite des postes de travail. Une entreprise arrivée avec quatre postes en occupe aujourd’hui seize. Une autre est passée de quatre à plus de vingt, et en vise trente dans deux ans.
La structure sait donc mesurer finement l’occupation de ses bureaux, pas l’emploi. Pour le reste, elle renvoie au panorama annuel de France Biotech, une fédération professionnelle dont les données ne sont pas les siennes.
« PariSanté Campus accompagne la croissance des projets et des start-up du numérique et de l’IA dans la santé. Cela s’accompagne de nombreux emplois créés chez ces jeunes entreprises. Certaines étant installées en partie à PariSanté Campus, ou en mode “nomade”, il est difficile de mesurer précisément le nombre d’emplois directement créés. »
Les brevets : aucun compteur propre
Le campus ne tient pas de compteur de brevets. La valorisation dépend d’Inserm Transfert. Selon la direction, les brevets se trouvent surtout du côté des laboratoires, plutôt que des entreprises.
Le coût de fonctionnement : une décision qui échappe à la direction
C’est la réponse la plus instructive de l’entretien. La direction ne communique pas ce coût, et la décision ne lui appartient pas. Elle relève d’un comité de pilotage. Sa publication supposerait en outre l’accord des ministères de tutelle.
La direction donne néanmoins un ordre de grandeur à partir d’un chiffre public. La subvention de préfiguration de 45 millions d’euros couvre huit à neuf ans. Cela représente donc environ cinq millions d’euros par an. S’y ajoutent les contributions des cinq fondateurs et celles des entreprises hébergées.
« Dans le cadre du plan de relance, PariSanté Campus bénéficie d’une subvention de préfiguration de 45 M€, qui couvre la période allant de son inauguration à son installation au Val-de-Grâce. À cela s’ajoutent les contributions de nos membres fondateurs et des start-up accueillies. Aujourd’hui, nous ne communiquons pas sur les coûts de fonctionnement. Nous préparons une analyse plus complète, qui sera publiée dans les prochains mois et pourrons partager des données plus détaillées à l’occasion de cette publication. »
Trois indicateurs non mesurés sur quatre
Faisons le compte. Sur quatre indicateurs, trois ne sont pas mesurés : le devenir réel, l’emploi net et les brevets. Le quatrième existe, mais le directeur ne peut pas le publier sans l’accord des ministères qui l’ont nommé.
Ce n’est pas une dérobade personnelle. Une structure dont le responsable ne maîtrise pas la publication de son propre coût ne cache rien. Simplement, personne ne l’a conçue pour rendre des comptes. Une analyse à cinq ans est annoncée pour novembre 2026. Nous la lirons et publierons son contenu ici.
Le partenariat Inria-Doctolib, un cas d’école
Le cas Doctolib montre concrètement ce que produit cette architecture. Il commence en décembre 2021, quand l’Inria annonce son arrivée à PariSanté Campus avec une équipe : HeKA. Cette équipe-projet dépend de trois tutelles, l’Inria, l’Inserm et l’Université Paris Cité. Elle s’installe sur le site en mars 2022[8].
Une équipe, trois noms
En novembre 2025, l’Inria et Doctolib annoncent un partenariat de recherche[9]. Côté Inria, c’est HeKA, déjà installée sur le campus, qui le porte. Puis, le 8 juillet 2026, Doctolib prévient ses utilisateurs : dès août, leurs données démographiques et de santé alimenteront un programme de recherche de trois ans, sauf opposition[10].
Le courriel évoque une équipe « associée à trois institutions scientifiques françaises de premier plan » : l’Inria, l’Inserm et l’Université Paris Cité. Or il ne précise pas que ces trois noms désignent une seule équipe. La presse spécialisée, notamment Next, l’a identifiée : HeKA[11]. Trois institutions figurent dans l’annonce, une seule équipe est au bout du fil, et ce fil part de PariSanté Campus.
La MR-004 : une auto-déclaration, pas une autorisation
Le cadre juridique tient en un sigle. La méthodologie de référence MR-004 de la CNIL permet de réutiliser des données de santé pour la recherche d’intérêt public sans consentement explicite. Elle impose seulement un droit d’opposition.
Cependant, s’y déclarer conforme relève de l’auto-déclaration. Mi-juillet 2026, la CNIL n’avait annoncé aucun examen du projet. Elle indiquait même ne pas pouvoir se prononcer sur sa légalité[12]. Par ailleurs, Doctolib invoque son « intérêt légitime », qui n’est pas la base juridique de la MR-004.
Un label sans droit de regard
L’architecture du campus se lit ici en clair. Une équipe hébergée qui signe avec un acteur privé relève de ses tutelles, pas du campus. Le lieu apporte la proximité, la visibilité et le label. En revanche, il n’a aucun droit de regard sur ce qui en sort. Ses statuts l’écrivent noir sur blanc.
Avant publication, la direction générale l’a confirmé par écrit. Le campus n’exerce aucun contrôle sur les accords conclus par les acteurs de son écosystème. Elle savait que l’Inria et Doctolib allaient s’associer, mais ignorait les implications opérationnelles du programme. Pourtant, elle présente ce partenariat comme la collaboration la plus visible du moment.
Trois questions restées sans réponse
Cet article ne tranche pas ces questions, car nous n’avons pas sollicité Doctolib. Les voici néanmoins :
- Sur quel fondement juridique repose ce programme, si l’intérêt légitime invoqué n’est pas celui de la MR-004 ?
- Qui a vérifié la conformité annoncée, alors que la déclaration est auto-déclarative et que la CNIL n’a fait connaître aucun examen ?
- À qui aurait-il fallu poser ces questions ?
Le lieu a fourni le label sans droit de regard. Les trois tutelles répondent chacune pour elle-même. Enfin, aucune autorité n’a eu à autoriser le programme. C’est le dispositif le plus visible né de ce lieu, et personne sur place n’avait à en répondre.
L’Allemagne paie les résultats, pas les murs
On pourrait croire cette irresponsabilité inévitable dans toute grande ambition publique. Pourtant, l’Allemagne prouve le contraire. Elle a été la première au monde à rembourser des logiciels de santé comme des médicaments, avec le dispositif DiGA lancé en 2020.
Depuis janvier 2026, au moins 20 % de la rémunération de chaque application durablement inscrite dépend de sa performance réelle. Ce n’est pas qu’une intention. Comme le détaille le cabinet Covington dans son analyse de la réforme DiGA, la collecte des données d’usage et des résultats rapportés par les patients démarre au troisième trimestre 2026. La première transmission à l’agence fédérale BfArM est due en avril 2027[13].
Un dispositif imparfait, mais une logique claire
Le système n’est pas parfait. Ses critères mêlent l’usage, la satisfaction et l’état de santé déclaré, et la loi les définit encore assez vaguement. Mais l’essentiel est ailleurs. L’État allemand a inscrit la reddition de comptes dans le remboursement lui-même. Il durcit même, en 2026, ses exigences de preuve avant l’inscription. Autrement dit, un outil n’est payé plein tarif que s’il fait ses preuves.
La France, elle, a mutualisé les moyens sans jamais mutualiser la responsabilité des résultats. L’Allemagne, à l’inverse, conditionne le paiement au résultat. Ce n’est donc pas une différence de moyens, mais de conception. Et c’est ce qui fait du modèle français un choix, et non une fatalité.
PariSanté Campus : une vitrine sans compteur
Une filière qui se dit « de rang mondial » sans compter ce qu’elle produit ne manque pas de moyens. En réalité, personne ne l’a conçue pour tenir ce compte. Un navire sans journal de bord ne dissimule rien. Il rend seulement impossible de savoir, après coup, ce qui s’est passé à bord.
C’est le cœur de ce que j’appelle, dans cette série, l’irresponsabilité par conception. PariSanté Campus n’en est ni le pire cas ni une exception. Il en est simplement la vitrine la plus visible. Ce qui inquiète, ce n’est pas qu’un projet public puisse échouer. C’est qu’il puisse échouer sans qu’aucun responsable n’ait à en répondre, et que ce qui se noue en son sein échappe à tout contrôle.
Ce qui pourrait invalider cette analyse
Cette analyse est datée, et elle reste réfutable. L’analyse à cinq ans annoncée pour novembre la renversera si elle établit quatre points :
- Le devenir des entreprises sorties du campus, mesuré trois ans après leur départ, et non leur durée de séjour.
- Les emplois nets créés, comptés en postes salariés, et non en postes de travail occupés.
- Les brevets déposés par les entités du campus, distingués de ceux de leurs tutelles.
- Le coût annuel de fonctionnement consolidé, avec le détail de ses sources de financement.
Nous fixons ces critères avant le rapport, afin de juger le bilan de fin d’année sur eux. La direction générale a d’ailleurs indiqué par écrit, le 2 septembre 2026, qu’elle pourrait partager des données plus détaillées à cette occasion.
Un autre engagement ne dépend pas de nous. L’État doit rendre public l’avis intégral du Secrétariat général pour l’investissement après l’attribution de la concession. C’est la première des deux réserves de l’avis favorable rendu lors de l’enquête publique. Si elles ne sont pas levées, cet avis devient défavorable. L’échéance n’est pas encore atteinte, mais chacun pourra la vérifier.
Le prochain article portera sur le rachat de Gleamer– Au printemps 2026, l’une des rares réussites industrielles de l’IA clinique française est passée sous contrôle américain. Que conserve la France quand ses champions réussissent ?
Vous découvrez L’Éclaireur e-Santé avec ce numéro ? Ce fil rouge se construit numéro après numéro. Abonnez-vous pour ne pas manquer les prochaines analyses.
Droit de réponse
Avant publication, nous avons invité PariSanté Campus à communiquer quatre indicateurs absents de son bilan : le devenir à trois ans des start-up, les emplois nets créés, les brevets en propre et le coût de fonctionnement annuel. Sa direction générale a accepté un entretien le 26 août 2026. Nous lui avons ensuite adressé par écrit les questions restées ouvertes. Nous citons ses réponses écrites du 2 septembre 2026 telles quelles.
Cet espace reste ouvert : nous publierons intégralement toute réponse de PariSanté Campus. Nous n’avons pas sollicité Doctolib, car cet article porte sur le campus. Cet espace lui est néanmoins ouvert, comme à l’Inria, à l’Inserm et à l’Université Paris Cité.
Transparence – L’auteur intervient comme évaluateur pour Bpifrance, qui finance des acteurs de l’écosystème étudié ici. Il n’a évalué aucune des entreprises citées. Les positions exprimées n’engagent que lui.
Notes et sources
[1] Royaume-Uni : Health Data Research Service (600 millions de livres, avec le Wellcome Trust) et objectif de 150 jours, annonce du gouvernement britannique (2025) ; délai de 122 jours, GOV.UK, indicateurs de la recherche clinique, avril 2026.
[2] Val-de-Grâce : coût de 432,8 millions d’euros, concession de 35 à 40 ans, report à 2030 – EPAURIF, fiche projet ; évaluation socio-économique (CITIZING pour l’EPAURIF).
[3] Bilan d’activité et conférence de presse de PariSanté Campus, novembre 2024 : instituts, événements, levées de fonds (50,7 M€ fin 2023), liquidations (7 sur 130), rotations d’entreprises.
[4] Calendrier et état du projet : 2e rapport intermédiaire de la concertation continue PariSanté Campus, CNDP, 2024.
[5] Part publique (plus de 300 M€) : évaluation socio-économique et contre-expertise du SGPI, avis n° 2022-126 du 24 février 2022 ; obligation de contre-expertise au-delà de 100 M€ : loi du 31 décembre 2012 et décret d’application ; rapport d’enquête publique, dossier n° E22000006/75, mars 2023.
[6] Nomination du Pr Antoine Tesnière en avril 2021 par la ministre Frédérique Vidal, sur proposition conjointe des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé : communiqué du ministère, mars 2021 ; statuts du GIS.
[7] Entretien avec la direction générale de PariSanté Campus (Pr Antoine Tesnière), 26 août 2026 ; réponses écrites du 2 septembre 2026 transmises par son agence de relations presse.
[8] HeKA : équipe-projet commune Inria, Inserm, Université Paris Cité (Centre de recherche des Cordeliers, Centre Inria de Paris) ; installation annoncée en décembre 2021, effective en mars 2022 – inria.fr, fiche équipe-projet.
[9] Partenariat Inria-Doctolib, Caducée.net, novembre 2025 ; communiqué conjoint du 27 novembre 2025.
[10] Programme de recherche Doctolib annoncé le 8 juillet 2026, ActuIA ; courriel de Doctolib à ses utilisateurs.
[11] Identification de l’équipe HeKA : Next, juillet 2026.
[12] MR-004 : texte de la méthodologie de référence, CNIL ; déclarations de la CNIL rapportées par la presse spécialisée, mi-juillet 2026.
[13] Allemagne : rémunération liée à la performance (§ 134 SGB V, loi DigiG) et réforme du § 139e – Pharmazeutische Zeitung, janvier 2025 ; Covington, février 2026.
Nicolas Schneider
https://juliashift.euConsultant senior, gouvernance et gestion des risques de l'IA en santé | Fondateur de JuliaShift | Évaluateur Bpifrance (santé numérique) et Commission européenne (Horizon Europe) | Concepteur du module IA & santé, Université de Picardie Jules Verne (2IS)